Bilan partagé de médication : un levier pour les patients sous pilulier
Huit, dix, douze lignes sur l’ordonnance, des prises à quatre moments de la journée, des médicaments ajoutés au fil des années sans que personne n’ait jamais repris l’ensemble : pour beaucoup de patients âgés sous pilulier, c’est la réalité. Le bilan partagé de médication, réalisé par le pharmacien, est l’outil prévu pour faire ce travail de fond. Il intéresse directement les infirmiers libéraux, qui voient ces traitements au quotidien.
Qu’est-ce que le bilan partagé de médication ?
C’est un accompagnement pharmaceutique prévu par la convention nationale des pharmaciens. Le pharmacien recueille l’ensemble des traitements du patient, prescrits ou non, les analyse, et transmet ses conclusions au médecin traitant. Il ne s’agit pas d’un simple contrôle des interactions : l’objectif est d’évaluer la pertinence de chaque médicament, l’observance, les difficultés de prise et les risques liés à l’association des traitements.
Quels patients sont éligibles ?
Selon l’Assurance maladie, le bilan partagé de médication s’adresse aux patients :
- de plus de 65 ans ;
- atteints d’une ou plusieurs maladies chroniques ;
- avec au moins cinq molécules ou principes actifs prescrits pour une durée d’au moins six mois.
C’est exactement le profil de la majorité des patients sous pilulier suivis par les cabinets infirmiers. Les résidents d’EHPAD relèvent d’une version adaptée du dispositif.
Comment se déroule un bilan
- L’entretien de recueil. Le pharmacien explique la démarche, recueille le consentement du patient et rassemble l’ensemble de ses traitements, y compris l’automédication. Il peut s’appuyer sur le dossier médical partagé.
- L’analyse. Le pharmacien examine les traitements et rédige ses conclusions, transmises au médecin traitant et versées au DMP.
- L’entretien conseil. Le pharmacien revient vers le patient, après échange avec le médecin, pour expliquer les éventuels changements et répondre à ses questions.
- Les suivis d’observance. Ils permettent de vérifier, dans la durée, que le traitement est bien compris et bien pris.
Les années suivantes, un bilan de suivi plus léger permet de reprendre le traitement s’il a évolué. Le dispositif est pris en charge par l’Assurance maladie, en tiers payant : le patient n’avance rien.
Ce que l’analyse recherche
Le pharmacien s’intéresse notamment :
- aux médicaments dont l’indication n’est plus évidente, ou qui ont été prolongés au-delà de leur durée utile ;
- aux doublons, par exemple deux médicaments de la même classe prescrits par deux médecins différents ;
- aux interactions et aux associations à risque ;
- aux médicaments potentiellement inappropriés chez la personne âgée, repérés grâce à des outils comme la liste française REMEDI[e]S ou les critères STOPP/START ;
- aux posologies à adapter à la fonction rénale ;
- aux difficultés pratiques : comprimés trop gros, formes à écraser, horaires de prise trop nombreux.
Nous détaillons ces médicaments à risque dans notre article sur les médicaments potentiellement inappropriés chez la personne âgée.
Pourquoi l’infirmier libéral a un rôle à jouer
Le pharmacien voit l’ordonnance. L’infirmier voit le patient prendre ses traitements, ou ne pas les prendre. Il sait quel comprimé reste systématiquement dans l’alvéole, quel horaire de prise n’est jamais respecté, quel patient se plaint de vertiges après le repas du soir. Ces observations sont précisément celles qui donnent du poids à un bilan.
Concrètement, l’infirmier peut :
- repérer les patients éligibles et leur parler du bilan ;
- transmettre au pharmacien ses observations : refus, difficultés de déglutition, effets indésirables suspectés, prises oubliées ;
- accompagner la mise en œuvre des changements décidés par le médecin, et vérifier au domicile qu’ils sont bien appliqués.
Le lien avec le pilulier
Un bilan qui aboutit à l’arrêt de deux médicaments inutiles et au regroupement des prises sur deux moments au lieu de quatre change concrètement la vie du patient et le travail de l’infirmier : moins de comprimés à préparer, moins d’erreurs possibles, moins de passages contraints par un horaire.
À l’inverse, le pilulier est un excellent observatoire de l’observance. Un pilulier qui revient avec des alvéoles pleines est une information que le pharmacien et le médecin doivent connaître. C’est l’un des intérêts que nous développons dans notre article sur la PDA, l’observance et la sécurité à domicile.
Bilan partagé de médication et déprescription
La déprescription, c’est-à-dire l’arrêt raisonné des médicaments devenus inutiles ou risqués, prend une place croissante en soins primaires. Le bilan partagé de médication en est l’un des outils, en appui du médecin traitant qui reste seul décisionnaire. Ce travail en tandem entre médecin, pharmacien et infirmier est celui qui donne les meilleurs résultats chez les patients âgés polymédiqués.
Comment proposer un bilan à un patient
Le plus simple est d’en parler avec le pharmacien qui dispense déjà les traitements du patient. Lorsque la préparation des doses est assurée par l’officine, le pharmacien dispose déjà de l’historique complet des traitements, ce qui facilite l’analyse. Le patient reste libre d’accepter ou non, et de choisir sa pharmacie.
Pour aller plus loin sur l’organisation entre cabinet et officine, voir notre guide de la PDA pour infirmiers libéraux.
Questions fréquentes
Qui peut bénéficier d’un bilan partagé de médication ?
Les patients de plus de 65 ans atteints d’une ou plusieurs maladies chroniques, avec au moins cinq molécules ou principes actifs prescrits pour une durée d’au moins six mois. Les résidents d’EHPAD relèvent d’un dispositif adapté.
Le bilan partagé de médication est-il payant pour le patient ?
Non. Il est pris en charge par l’Assurance maladie et réalisé en tiers payant par le pharmacien.
Combien de temps dure un bilan partagé de médication ?
Il se déroule en plusieurs entretiens : un entretien de recueil, une analyse transmise au médecin traitant, un entretien conseil, puis des suivis d’observance. Les entretiens peuvent pour certains se faire à distance.
Le médecin traitant est-il obligé de suivre les propositions du pharmacien ?
Non. Le pharmacien transmet ses conclusions et propositions ; le médecin reste seul décisionnaire de la prescription.
Quel est le lien avec le pilulier ?
Un traitement allégé et clarifié par le bilan est plus simple à préparer, et les difficultés de prise repérées par l’infirmier au domicile enrichissent l’analyse du pharmacien.
Parlons de votre organisation
Vous suivez un patient polymédiqué dont le traitement vous paraît lourd ? Parlons-en : nous pouvons lui proposer un bilan partagé de médication et vous tenir informé. Appelez-nous au 01 34 04 83 21.
Cet article a une visée d’information générale et ne remplace ni l’avis du médecin prescripteur, ni les textes officiels, dont la version en vigueur fait foi. Informations vérifiées en octobre 2026.
Changement de traitement en cours de semaine : que faire du pilulier ?
Le pilulier est préparé pour la semaine. Jeudi soir, le médecin passe et modifie le traitement. Faut-il tout refaire, retirer un comprimé, ajouter une boîte à côté ? C’est la situation que tous les infirmiers libéraux connaissent, et celle où se concentrent une grande partie des erreurs. Voici une méthode simple, adaptée au degré d’urgence.
Pourquoi c’est le point faible de tout pilulier
Un pilulier fige un traitement à l’instant de sa préparation. Tant que l’ordonnance ne bouge pas, c’est une force : chaque dose est prête, vérifiée, identifiable. Dès qu’elle change, c’est une faiblesse : les alvéoles contiennent un traitement qui n’est plus le bon.
Les modifications sont fréquentes chez les patients âgés polymédiqués : adaptation d’un antihypertenseur, arrêt d’un médicament mal toléré, ajout d’un antibiotique, ajustement d’une dose d’anticoagulant, retour d’hospitalisation. Plus le pilulier couvre de jours, plus chaque changement coûte cher.
Première question : est-ce urgent ?
Tout ne se traite pas de la même façon. Trois situations se présentent.
L’arrêt ou la diminution d’un médicament pour raison de sécurité
Un effet indésirable, une interaction, un surdosage, un arrêt d’anticoagulant avant un geste : la modification doit être appliquée dès la prise suivante. Le pilulier en cours ne peut pas être utilisé tel quel. Il est retiré, et les doses concernées sont refaites sans attendre.
L’ajout d’un traitement de courte durée
Un antibiotique de sept jours, un antalgique pour quelques jours : le nouveau médicament peut être donné à part, dans son conditionnement d’origine, jusqu’à la prochaine préparation. À condition que l’étiquette du pilulier le signale et que le patient ou son aidant le sache.
L’ajustement d’un traitement de fond sans caractère urgent
Le passage d’un dosage à un autre, une modification décidée lors d’une consultation de routine : il est souvent possible de l’intégrer au prochain cycle. Mais il faut une décision tracée, en accord avec le prescripteur, et non un report par défaut.
Les pratiques à éviter
- Retirer un comprimé « à l’œil » dans des alvéoles où plusieurs comprimés se ressemblent. Si l’identification n’est pas certaine, on refait les doses.
- Ajouter un comprimé dans une alvéole déjà préparée sans que l’étiquette soit mise à jour : le pilulier ne correspond plus à ce qu’il annonce.
- Laisser deux piluliers coexister, l’ancien et le nouveau, au domicile d’un patient désorienté.
- Attendre le cycle suivant par habitude pour une modification qui relève de la sécurité.
- Modifier sans ordonnance, sur la foi d’un appel ou d’une consigne orale non confirmée.
Sur ce dernier point, la loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 sur la profession infirmière a élargi les compétences des infirmiers, avec la consultation, le diagnostic infirmier et un droit de prescription encadré. Elle ne leur permet pas de modifier ou de renouveler un traitement médicamenteux chronique. Toute modification repose sur une prescription.
La bonne méthode, étape par étape
- Récupérer l’ordonnance ou sa confirmation écrite, et identifier précisément ce qui change.
- Évaluer l’urgence selon les trois situations ci-dessus.
- Décider : refaire les doses concernées, donner le nouveau médicament à part, ou reporter au cycle suivant avec l’accord du prescripteur.
- Mettre à jour l’étiquette ou la fiche de traitement du patient, pour que le pilulier dise exactement ce qu’il contient.
- Informer le patient, son aidant, et les autres intervenants : autres infirmiers du cabinet, aide à domicile qui accompagne la prise.
- Tracer la décision dans le dossier de soins : date, nature du changement, action réalisée.
Quand la préparation est confiée à une pharmacie
Le changement de traitement est le sujet à régler avant tout partenariat. C’est lui qui fait la différence entre une externalisation qui soulage le cabinet et une externalisation qui l’oblige à corriger les piluliers à la main.
Trois points sont à fixer dès le départ :
- le canal : par quel moyen la nouvelle ordonnance est transmise à l’officine ;
- le délai : en combien de temps les doses concernées sont reprises et relivrées ;
- la récupération : ce que deviennent les doses retirées, qui reviennent à la pharmacie pour destruction.
Avec une préparation en sachets-doses, il est souvent plus simple de refaire uniquement les sachets à partir du jour du changement, plutôt que toute la semaine. C’est l’un des avantages pratiques que nous détaillons dans notre comparatif PDA automatisée et PDA manuelle.
Le cas particulier du retour d’hospitalisation
Le retour d’hospitalisation est un changement de traitement à grande échelle : plusieurs lignes modifiées en une fois, parfois sans que le médecin traitant en soit encore informé. Il demande une comparaison complète entre l’ancien et le nouveau traitement avant de préparer quoi que ce soit. Nous y consacrons un article à part : sécuriser le pilulier au retour d’hospitalisation.
Pour la mise en place d’un partenariat complet, voir notre article sur les étapes d’un partenariat entre un cabinet infirmier et une pharmacie.
Questions fréquentes
Peut-on retirer un comprimé d’un pilulier déjà préparé ?
C’est possible mais risqué : il faut identifier avec certitude le comprimé à retirer dans chaque alvéole. En cas de doute sur l’identification, il vaut mieux refaire les doses concernées.
Peut-on ajouter le nouveau médicament à côté du pilulier ?
Oui, à condition que ce soit temporaire, clairement signalé sur l’étiquette du pilulier et expliqué au patient, jusqu’à la prochaine préparation.
Que faire en cas d’arrêt urgent d’un médicament ?
Retirer immédiatement le pilulier en cours et le refaire, ou faire refaire les doses concernées sans attendre le cycle suivant. L’arrêt d’un anticoagulant ou d’un traitement responsable d’un effet indésirable ne peut pas attendre.
Qui prévient la pharmacie en cas de changement ?
C’est à fixer à l’avance. Dans la plupart des organisations, l’infirmier transmet la nouvelle ordonnance dès qu’il en a connaissance, par un canal convenu.
L’infirmier peut-il modifier un traitement de lui-même ?
Non. Même si la loi du 27 juin 2025 élargit les compétences infirmières, elle n’autorise pas l’infirmier à modifier ou renouveler un traitement médicamenteux chronique. Toute modification repose sur une prescription.
Parlons de votre organisation
Avec nous, un changement de traitement en cours de semaine se traite à la source : transmettez la nouvelle ordonnance, nous reprenons les doses concernées et vous les livrons. Appelez-nous au 01 34 04 83 21.
Cet article a une visée d’information générale et ne remplace ni l’avis du médecin prescripteur, ni les textes officiels, dont la version en vigueur fait foi. Informations vérifiées en octobre 2026.
Retour d’hospitalisation : sécuriser le pilulier de votre patient à domicile
Le retour à domicile après une hospitalisation est l’un des moments les plus risqués du parcours médicamenteux. Le traitement a souvent changé, l’ancien pilulier est parfois encore rempli sur la table de la cuisine, et l’ordonnance de sortie arrive avec des noms de médicaments que le patient ne reconnaît pas. Pour l’infirmier libéral, quelques réflexes suffisent à éviter l’essentiel des erreurs.
Pourquoi la sortie d’hôpital est un moment à risque
Pendant une hospitalisation, un traitement est presque toujours modifié : un médicament arrêté, un autre ajouté, une posologie ajustée, une spécialité remplacée par l’équivalent disponible au livret de l’hôpital. Au retour, trois sources coexistent : l’ancienne ordonnance du médecin traitant, l’ordonnance de sortie, et les boîtes déjà présentes au domicile.
Les erreurs typiques en découlent : un médicament arrêté à l’hôpital mais repris à la maison, un doublon entre une spécialité et son générique, un nouveau traitement oublié faute d’avoir été délivré. Le pilulier, s’il est refait sans comparaison, fige l’erreur pour toute la semaine.
La lettre de liaison : le document à demander en premier
Depuis le décret n° 2016-995 du 20 juillet 2016, l’établissement remet au patient, le jour de sa sortie, une lettre de liaison, transmise le même jour au médecin traitant par messagerie sécurisée et versée au dossier médical partagé. Elle mentionne notamment :
- les traitements prescrits à la sortie ;
- les traitements arrêtés ou remplacés pendant le séjour, avec le motif ;
- la posologie et la durée des traitements ;
- les résultats en attente et les suites à donner.
C’est la pièce qui permet de distinguer un changement volontaire d’un oubli. Si le patient ne l’a pas, il faut la demander : au patient, à sa famille, au médecin traitant, ou dans le DMP s’il est alimenté.
La check-list du retour à domicile
1. Retirer l’ancien pilulier
Le premier geste est de mettre de côté tout pilulier préparé avant l’hospitalisation. Même s’il paraît encore valable, il correspond à un traitement qui n’existe plus. Les médicaments déconditionnés qu’il contient ne se remettent pas en boîte : ils sont rapportés à la pharmacie.
2. Rassembler les boîtes présentes au domicile
Faire l’inventaire des médicaments que le patient possède permet de repérer les traitements arrêtés qui risquent d’être repris par habitude. Ceux qui ne figurent plus sur l’ordonnance de sortie sont mis à part, avec l’accord du patient, en attendant l’avis du médecin.
3. Comparer ligne par ligne
Ancienne ordonnance, ordonnance de sortie, lettre de liaison : chaque médicament doit être retrouvé, et chaque différence expliquée. Une ligne disparue sans mention dans la lettre de liaison, un dosage modifié sans justification, un médicament présent en double sous deux noms différents : ce sont les signaux qui demandent un appel.
4. Lever les doutes avant de préparer
Le médecin traitant, le service hospitalier ou le pharmacien peuvent trancher. Il vaut mieux retarder la préparation de quelques heures que préparer une semaine entière sur une hypothèse.
5. Refaire le pilulier à partir du traitement validé
Une fois le traitement clarifié, le pilulier est refait entièrement, sans réutiliser les doses de l’ancien. C’est aussi le moment de vérifier les médicaments qui ne doivent pas être déconditionnés, souvent introduits à l’hôpital : voir notre article sur les médicaments à ne pas mettre dans un pilulier.
6. Expliquer au patient et à son entourage
Un patient qui ne comprend pas pourquoi « son » comprimé a disparu risque de le reprendre de lui-même. Quelques mots suffisent souvent : ce qui a été arrêté, ce qui a été ajouté, et pourquoi.
Le rôle de la conciliation médicamenteuse
La démarche décrite ci-dessus correspond à ce que la Haute Autorité de santé appelle la conciliation des traitements médicamenteux : un processus formalisé qui prend en compte, lors d’une nouvelle prescription, tous les médicaments pris et à prendre par le patient. La HAS a publié un guide de mise en œuvre en établissement de santé, mis à jour en 2018. Certains établissements la réalisent à la sortie ; ce n’est pas systématique.
À domicile, elle repose de fait sur le trio médecin traitant, infirmier et pharmacien. Nous l’abordons sous l’angle de l’entrée en établissement dans notre article sur la conciliation médicamenteuse à l’entrée en EHPAD.
Quand l’ordonnance de sortie ne couvre pas tout
Il arrive que l’ordonnance de sortie ne reprenne que les traitements modifiés, en laissant de côté les traitements chroniques inchangés, ou que l’ordonnance habituelle du médecin traitant ait expiré entre-temps. Le pharmacien peut, sous conditions, dispenser un traitement chronique dont l’ordonnance renouvelable est expirée, pour une durée pouvant aller jusqu’à trois mois depuis la réforme de novembre 2024, en informant le médecin. Les stupéfiants en sont exclus. Cela laisse le temps d’obtenir une nouvelle ordonnance sans interruption de traitement.
Les dispositifs de suivi après hospitalisation
Le programme de retour à domicile de l’Assurance maladie (PRADO) organise le suivi de certains patients après une hospitalisation : chirurgie, insuffisance cardiaque, BPCO, AVC, personnes âgées notamment. Par ailleurs, la NGAP prévoit un acte de suivi infirmier après une décompensation d’insuffisance cardiaque ou une exacerbation de BPCO, coté AMI 5,8, avec une première visite dans les sept jours suivant la sortie.
Ce qu’une pharmacie partenaire peut prendre en charge
Quand la préparation des doses est confiée à l’officine, le retour d’hospitalisation suit un circuit clair : l’ordonnance de sortie est transmise, le pharmacien la compare au traitement antérieur qu’il connaît, signale les écarts, et prépare le nouveau pilulier ou les nouveaux sachets. L’infirmier n’a plus à refaire la semaine à la main, dans la voiture, entre deux visites.
La question à régler à l’avance, c’est le délai : qui prévient qui, et en combien de temps le nouveau pilulier est livré. C’est le même sujet que pour tout changement de traitement en cours de semaine.
Questions fréquentes
Que doit contenir la lettre de liaison de sortie ?
Depuis le décret du 20 juillet 2016, elle mentionne notamment les traitements prescrits à la sortie et les traitements arrêtés ou remplacés pendant le séjour, avec le motif. Elle est remise au patient et transmise le jour même au médecin traitant.
Faut-il jeter l’ancien pilulier au retour d’hospitalisation ?
Il ne faut pas le réutiliser tel quel. Les médicaments déconditionnés avant l’hospitalisation sont à rapporter à la pharmacie, et le pilulier doit être refait à partir de l’ordonnance de sortie.
Que faire si l’ordonnance de sortie et l’ancien traitement ne concordent pas ?
Repérer chaque écart, vérifier dans la lettre de liaison s’il est expliqué, et contacter le médecin traitant ou le service pour tout écart non justifié avant de préparer le pilulier.
Le pharmacien peut-il dépanner si l’ordonnance de sortie ne couvre pas un traitement chronique ?
Il peut, sous conditions, dispenser un traitement chronique dont l’ordonnance est expirée, jusqu’à trois mois, en informant le médecin. Les stupéfiants sont exclus.
Existe-t-il une cotation pour le suivi après hospitalisation ?
Oui pour certaines situations, comme le suivi après décompensation d’insuffisance cardiaque ou exacerbation de BPCO, coté AMI 5,8. Vérifiez les conditions auprès de votre CPAM.
Parlons de votre organisation
Un patient sort d’hospitalisation ? Transmettez-nous l’ordonnance de sortie : nous comparons avec le traitement précédent, signalons les écarts et préparons le nouveau pilulier. Appelez-nous au 01 34 04 83 21.
Cet article a une visée d’information générale et ne remplace ni l’avis du médecin prescripteur, ni les textes officiels, dont la version en vigueur fait foi. Informations vérifiées en octobre 2026.
Cotation du pilulier pour l’infirmier libéral : ce que prévoit la NGAP
« Combien je cote un pilulier ? » est l’une des questions les plus posées par les infirmiers libéraux. La réponse surprend souvent : la préparation du pilulier, seule, n’est pas un acte de la nomenclature. Elle se rattache à d’autres actes, avec des conditions précises. Voici ce que prévoit la NGAP, ce qui change avec l’avenant 11, et ce que cela implique pour l’organisation d’un cabinet.
Le principe : pas d’acte « pilulier » autonome
La nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) ne contient pas d’acte qui rémunère la seule préparation d’un semainier. Remplir un pilulier pour la semaine, sans autre intervention, n’ouvre donc pas droit à une cotation spécifique.
La préparation est en revanche intégrée à plusieurs actes, soit parce qu’elle en fait explicitement partie, soit parce qu’elle s’inscrit dans une prise en charge globale. C’est là que se trouve la réponse, et c’est aussi là que se trouvent la plupart des erreurs de facturation.
L’accompagnement à domicile de la prise médicamenteuse
C’est l’acte qui se rapproche le plus d’une « cotation pilulier ». Il figure à l’article 10 du titre XVI de la NGAP.
- Cotation : AMI 5,1 pour la séance initiale, puis AMI 4,6 pour la deuxième et la troisième séance.
- Patient concerné : un patient non dépendant, polymédiqué, présentant des critères de fragilité identifiés par le médecin.
- Durée : trois séances réalisées dans un délai d’un mois maximum.
- Contenu : chaque séance comprend notamment la préparation du pilulier selon la ou les prescriptions en cours, mais aussi un travail d’éducation et d’évaluation de l’observance.
- Compte rendu : un compte rendu écrit est adressé au médecin.
- Renouvellement : une fois, sur prescription, dans les douze mois suivants.
Cet acte n’est pas fait pour une préparation au long cours. Il vise à rendre le patient autonome dans la gestion de ses traitements, sur une période courte. C’est une erreur fréquente de le considérer comme une rémunération hebdomadaire du pilulier.
L’administration d’une thérapeutique orale à domicile
La NGAP prévoit un acte d’administration et de surveillance d’une thérapeutique orale au domicile des patients présentant des troubles psychiatriques ou cognitifs, coté AMI 1,2. Un accord préalable est nécessaire au-delà du premier mois. L’acte ne s’applique pas en établissement de santé ni en EHPAD, à l’exception des résidences autonomie.
Ici, ce qui est rémunéré, c’est l’administration et la surveillance, pas la préparation. Mais pour ces patients, la préparation est un préalable indispensable, réalisé dans le cadre de la prise en charge.
Le bilan de soins infirmiers et la prise en charge des patients dépendants
Pour les patients dépendants pris en charge dans le cadre du bilan de soins infirmiers (BSI), la rémunération est forfaitaire selon le niveau de dépendance (BSA, BSB, BSC). La gestion des traitements, et donc la préparation du pilulier, s’inscrit dans cette prise en charge globale, sans cotation séparée.
Les règles de cumul entre les forfaits BSI et les actes d’aide à la prise médicamenteuse sont précises. En cas de doute sur un dossier, la CPAM ou les organisations professionnelles sont les interlocuteurs à solliciter avant de facturer.
La surveillance lors de la mise en route d’un traitement
Un acte de surveillance et d’observation d’un patient lors de la mise en œuvre d’un traitement ou de sa modification est coté AMI 1, avec une fiche de surveillance et un nombre de passages limité. Il ne rémunère pas la préparation, mais il est souvent mobilisé au moment d’un changement de traitement, qui est aussi le moment où le pilulier doit être refait.
Ce que change l’avenant 11
L’avenant 11 à la convention nationale des infirmiers, signé le 31 mars 2026 et approuvé par arrêté publié au Journal officiel du 6 mai 2026, prévoit plusieurs évolutions :
- la revalorisation de la lettre clé AMI, de 3,15 € à 3,35 €, puis à 3,45 € au 1er novembre 2027 ;
- de nouveaux actes liés à l’administration des médicaments et à la surveillance clinique et thérapeutique, dont l’entrée en vigueur est échelonnée.
Les dates d’application de chaque mesure sont progressives. Avant de modifier vos pratiques de cotation, vérifiez la date d’entrée en vigueur de l’acte concerné sur ameli.fr ou auprès de votre CPAM.
Le vrai coût du pilulier pour un cabinet
Si la préparation n’est pas rémunérée en tant que telle, elle prend pourtant du temps : remplir les semainiers, vérifier les ordonnances, récupérer les traitements à la pharmacie, refaire un pilulier après un changement de prescription. Ce temps se loge souvent en dehors des tournées, en fin de journée ou le week-end.
Pour un cabinet qui suit plusieurs dizaines de patients sous pilulier, le total représente plusieurs heures par semaine. Nous avons détaillé ce calcul dans notre article sur le temps de préparation des piluliers chez l’infirmier libéral.
Confier la préparation : ce qui change, ce qui ne change pas
Quand la préparation est réalisée par l’officine, dans le prolongement de la dispensation, l’infirmier conserve ses actes : administration, surveillance, accompagnement, éducation. Ce qui disparaît, c’est la partie non rémunérée du travail, et le risque d’erreur qui l’accompagne.
La responsabilité se répartit alors clairement : la préparation engage le pharmacien qui l’a réalisée, l’administration et le contrôle au moment de la prise restent du ressort de l’infirmier. Nous avons détaillé ce partage dans notre article sur la responsabilité de l’IDEL dans la préparation des piluliers, et la mise en place dans notre guide de la PDA pour infirmiers libéraux.
Questions fréquentes
La préparation d’un pilulier se cote-t-elle seule ?
Non. Il n’existe pas d’acte NGAP autonome pour la seule préparation du pilulier. Elle est intégrée à d’autres actes, comme l’accompagnement à la prise médicamenteuse ou la prise en charge dans le cadre du bilan de soins infirmiers.
Qu’est-ce que l’accompagnement à domicile de la prise médicamenteuse ?
C’est un acte de la NGAP coté AMI 5,1 pour la séance initiale puis AMI 4,6 pour les deux séances suivantes, sur un mois maximum, pour un patient polymédiqué non dépendant présentant des critères de fragilité. Il est renouvelable une fois sur prescription dans les douze mois.
Faut-il une prescription médicale ?
Oui, pour coter un acte. L’aide à la prise des médicaments non injectables relève du rôle propre de l’infirmier, mais la facturation suppose une prescription.
Quelle est la valeur de l’AMI ?
3,15 € en métropole depuis janvier 2024. L’avenant 11 à la convention infirmière, publié en mai 2026, prévoit une revalorisation à 3,35 € puis 3,45 € au 1er novembre 2027. Vérifiez la valeur en vigueur sur ameli.fr.
Confier la préparation à une pharmacie fait-il perdre une cotation ?
Les actes d’administration, de surveillance et d’accompagnement restent ceux de l’infirmier. Ce qui change, c’est le temps non facturé passé à remplir les semainiers, qui disparaît.
Parlons de votre organisation
Vous voulez mesurer le temps que vos piluliers vous coûtent réellement ? Nous faisons le point avec vous, sans engagement, sur votre patientèle et ce que nous pouvons reprendre. Appelez-nous au 01 34 04 83 21.
Cet article a une visée d’information générale et ne remplace ni l’avis du médecin prescripteur, ni les textes officiels, dont la version en vigueur fait foi. Informations vérifiées en octobre 2026.
Piluliers et PDA pour cabinets infirmiers : la Pharmacie Santé Bornes, votre partenaire de confiance
Infirmières et infirmiers libéraux : et si vous n’aviez plus jamais à préparer un pilulier ? La Pharmacie Santé Bornes, pharmacie spécialisée en Préparation des Doses à Administrer (PDA) et déjà partenaire d’établissements médico-sociaux en Île-de-France, met son expertise de la sécurisation du circuit du médicament au service de votre cabinet. Piluliers préparés par notre équipe pharmaceutique, contrôlés, tracés et prêts à l’administration : vous vous concentrez sur le soin, nous nous chargeons de la dispensation.

La PDA, qu’est-ce que c’est exactement ?
La Préparation des Doses à Administrer est un acte pharmaceutique qui consiste à reconditionner les traitements d’un patient dans un pilulier sécurisé, organisé par jour et par moment de prise (matin, midi, soir, coucher), généralement pour une semaine complète.
Ce n’est pas un simple « remplissage de boîte » : chaque pilulier est préparé à partir de l’ordonnance en cours, contrôlé par un pharmacien, étiqueté et tracé. La PDA s’inscrit dans le rôle du pharmacien défini par le Code de la santé publique (article R. 4235-48), qui confie au pharmacien l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance, la préparation éventuelle des doses à administrer et la mise à disposition des informations nécessaires au bon usage du médicament.
Pourquoi de plus en plus de cabinets infirmiers délèguent leurs piluliers à la pharmacie
1. Un gain de temps considérable à chaque tournée
Préparer un pilulier prend en moyenne 15 à 30 minutes par patient et par semaine — un temps précieux, d’autant que cet acte n’est pas coté en tant que tel à la NGAP. Pour un cabinet qui suit 20 patients polymédiqués, cela représente jusqu’à 10 heures par semaine de travail invisible. En nous confiant la PDA, vous récupérez ce temps pour vos soins, vos patients… ou pour vous.
2. Une sécurité renforcée pour vos patients
Selon les données publiées par les acteurs de la PDA, près de 6 patients chroniques sur 10 ne suivent pas correctement leur traitement, et la non-observance coûterait environ 9 milliards d’euros par an à l’Assurance Maladie. Avec un pilulier préparé en pharmacie, l’observance constatée peut dépasser 95 %. Chaque préparation applique la règle des 5B recommandée par la Haute Autorité de Santé : le Bon médicament, au Bon patient, à la Bonne dose, au Bon moment, par la Bonne voie.
3. Une responsabilité clarifiée et une traçabilité complète
Quand le pilulier est préparé par la pharmacie, la conformité du contenu (bon médicament, bon dosage, bonne répartition) relève de notre responsabilité pharmaceutique. Vous administrez un pilulier contrôlé, étiqueté et documenté : en cas de question ou de contrôle, la traçabilité est complète, de l’ordonnance jusqu’à la prise.
4. Une gestion fluide des changements de traitement
Modification de posologie, ajout d’un anticoagulant, arrêt d’un traitement : nous mettons à jour le pilulier dès réception de la nouvelle ordonnance et nous vous informons. Fini les découpages de blisters au domicile et les doutes sur la version de l’ordonnance en cours.
Pilulier hebdomadaire ou sachets-doses : deux conditionnements sécurisés
Selon le profil du patient et l’organisation de votre tournée, la PDA peut prendre deux formes. Le pilulier hebdomadaire, avec ses 28 cases (7 jours × 4 moments de prise), offre une vision d’ensemble de la semaine — idéal au domicile. Les sachets-doses, eux, conditionnent chaque prise dans un sachet individuel scellé : identifié au nom du patient, daté, horodaté, avec le détail de chaque médicament et un code de traçabilité.

En tournée, le sachet-dose est redoutablement pratique : il s’ouvre d’une seule main, se glisse dans une poche pour une prise décalée, et le rouleau chronologique élimine tout risque de confusion entre les moments de prise. Pour les traitements hors formes orales sèches (gouttes, sirops, injectables, médicaments « si besoin »), nous fournissons une fiche de traitement complémentaire : rien n’est laissé hors du circuit sécurisé.
Comment fonctionne notre circuit du médicament sécurisé ?

Nous avons voulu un circuit simple, pensé pour la réalité des tournées :
- Mise en place : nous convenons ensemble d’un protocole écrit (patients concernés, circuit des ordonnances, modalités de renouvellement, personne à contacter).
- Préparation : chaque semaine, nos piluliers sont préparés à la pharmacie puis contrôlés par un pharmacien.
- Mise à disposition : piluliers prêts à récupérer à la pharmacie ou livrés selon l’organisation convenue.
- Suivi : tout changement d’ordonnance est intégré et signalé ; vous disposez d’un interlocuteur pharmacien joignable.
Pour quels patients la PDA est-elle particulièrement utile ?
- Patients âgés polymédiqués à domicile (5 médicaments et plus) ;
- Patients présentant des troubles cognitifs ou de la mémoire ;
- Patients en sortie d’hospitalisation, avec des ordonnances remaniées ;
- Patients suivis pour des pathologies chroniques (diabète, cardiologie, psychiatrie…) ;
- Situations où plusieurs intervenants se relaient au domicile.
Parlons-en autour d’un café
Vous êtes infirmière ou infirmier libéral en Île-de-France ? Venez visiter notre espace PDA à la Pharmacie Santé Bornes : nous vous montrerons concrètement comment sont préparés et contrôlés nos piluliers — zone de préparation dédiée, procédures qualité, double contrôle pharmaceutique — et nous construirons ensemble un protocole adapté à votre cabinet, sans engagement.
Contactez-nous dès aujourd’hui pour organiser la PDA de vos patients : votre temps est un soin, préservez-le.
Cet article fait partie de notre guide complet de la PDA pour infirmiers libéraux.
À lire aussi : les médicaments à ne pas mettre dans un pilulier et la stabilité des médicaments déconditionnés.
Infirmiers libéraux : combien d’heures perdez-vous chaque semaine sur les piluliers ?
C’est l’un des actes les plus chronophages — et les moins reconnus — de l’exercice libéral : la préparation des piluliers au domicile. Sortez la calculatrice : le résultat surprend souvent. Et il existe une solution simple, sécurisée et sans coût pour votre cabinet : la Préparation des Doses à Administrer (PDA) en pharmacie, avec un circuit du médicament contrôlé et tracé de l’ordonnance à l’administration.

Le calcul que tout cabinet devrait faire
La préparation d’un pilulier au domicile prend en moyenne 15 à 30 minutes par patient et par semaine : réunir les boîtes, vérifier l’ordonnance, découper les blisters, répartir les prises, tout revérifier… souvent sur un coin de table, parfois avec le patient qui discute et le téléphone qui sonne.
Faites le compte pour votre cabinet :
- 10 patients sous pilulier ≈ 2 h 30 à 5 h par semaine ;
- 20 patients ≈ 5 à 10 h par semaine ;
- Sur une année, cela peut représenter plusieurs centaines d’heures par cabinet.
Un temps qui n’est pas rémunéré à sa juste valeur
La préparation du pilulier n’est pas cotée en tant que telle à la NGAP. Elle peut être englobée dans une prise en charge globale (BSI pour les patients dépendants), mais sans rémunération dédiée à la hauteur du temps passé. Autrement dit : chaque heure passée à découper des blisters est une heure de soins que votre cabinet ne facture pas.
Ce temps a aussi un coût invisible : tournées rallongées, pauses sautées, charge mentale liée à la peur de l’erreur. Ce n’est ni bon pour vous, ni bon pour vos patients.
La PDA en pharmacie : votre temps redevient du temps de soin
En confiant la préparation des piluliers à la Pharmacie Santé Bornes, voici ce qui change concrètement :
- Zéro préparation au domicile : vous arrivez, le pilulier est prêt, contrôlé et étiqueté ;
- Zéro gestion de stock : nous suivons les renouvellements d’ordonnance et anticipons les ruptures ;
- Zéro déconditionnement au domicile : la préparation est réalisée à la pharmacie, dans une zone dédiée, selon des procédures écrites et sous double contrôle pharmaceutique ;
- Un passage recentré sur le soin : aide à la prise, surveillance clinique, éducation du patient — votre vrai cœur de métier.
Combien ça coûte au cabinet ? Rien.
Le service PDA est organisé autour du patient et de sa dispensation : il ne coûte rien à votre cabinet. Vous gagnez du temps, vos patients gagnent en sécurité, et vous gardez la maîtrise complète de l’administration et de la surveillance — votre rôle propre, pleinement valorisé.
Testez avec un seul patient
Pas besoin de tout changer du jour au lendemain. Choisissez votre patient le plus complexe — celui dont le pilulier vous prend 30 minutes — et confiez-nous sa PDA pendant un mois. Constatez la différence, puis décidez.
Contactez la Pharmacie Santé Bornes : un pharmacien dédié aux cabinets infirmiers vous répond et met en place le circuit en moins d’une semaine.
Pour aller plus loin, notre guide complet de la PDA pour les IDEL détaille l’organisation, la responsabilité et la mise en place.
Côté facturation, nous détaillons ce que la NGAP permet réellement de coter autour du pilulier.
Préparation des piluliers : qui est responsable de quoi ?
Une gélule en trop dans la case du soir, un comprimé sécable mal réparti, un anticoagulant maintenu après modification de l’ordonnance… En cas d’erreur médicamenteuse dans un pilulier, qui est responsable ? C’est une question que beaucoup d’infirmières et d’infirmiers libéraux se posent — à juste titre. Voici le point réglementaire sur la sécurisation du circuit du médicament à domicile, et surtout la façon la plus sûre d’exercer sereinement.

Ce que prévoient les textes
La Préparation des Doses à Administrer (PDA) est rattachée au rôle du pharmacien par le Code de la santé publique : l’article R. 4235-48 confie au pharmacien l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance, « la préparation éventuelle des doses à administrer » et la mise à disposition des informations nécessaires au bon usage du médicament. La PDA réalisée en officine s’appuie sur des recommandations de bonnes pratiques (HAS, OMEDIT régionaux) : locaux ou zone dédiée, procédures écrites, double contrôle, étiquetage, traçabilité.
De son côté, l’infirmier peut, dans le cadre de son rôle propre, aider à la prise des médicaments et vérifier leur prise ; en pratique, beaucoup d’IDEL préparent aussi des piluliers au domicile. Mais cet acte, réalisé hors cadre pharmaceutique, engage leur responsabilité sur le contenu du pilulier — sans double contrôle, sans traçabilité formalisée, et sans cotation NGAP dédiée.
En cas d’erreur : une responsabilité qui dépend de qui a préparé
Le principe est simple :
- Pilulier préparé par l’infirmier : l’IDEL assume la conformité du contenu ET l’administration. En cas d’erreur (mauvais dosage, oubli d’une modification d’ordonnance), c’est sa responsabilité qui est en première ligne.
- Pilulier préparé par la pharmacie (PDA) : la conformité du contenu relève de la responsabilité pharmaceutique — préparation contrôlée, étiquetée, tracée à partir de l’ordonnance en cours. L’infirmier reste responsable de ce qu’il maîtrise réellement : l’administration et la surveillance.
Autrement dit, la PDA en pharmacie remet chaque professionnel à sa juste place : au pharmacien le médicament, à l’infirmier le soin. C’est exactement l’esprit de la coordination ville recommandée par les autorités de santé.
Ce que la PDA en pharmacie apporte concrètement à votre protection
- Double contrôle pharmaceutique : chaque pilulier est vérifié avant de quitter la pharmacie ;
- Traçabilité écrite : qui a préparé, qui a contrôlé, à partir de quelle ordonnance, avec quels lots — tout est documenté ;
- Étiquetage clair : identification du patient, des médicaments et des moments de prise ;
- Gestion documentée des changements : toute modification d’ordonnance est intégrée et signalée au cabinet ;
- Protocole écrit pharmacie–cabinet : le document qui, en cas de contrôle ou de litige, prouve une organisation rigoureuse.
La règle des 5B, appliquée à chaque pilulier
Nos préparations suivent la règle des 5B promue par la Haute Autorité de Santé : le Bon médicament, au Bon patient, à la Bonne dose, au Bon moment, par la Bonne voie. C’est le standard de sécurisation du circuit du médicament utilisé à l’hôpital — appliqué à vos patients de ville.
Sécurisez votre pratique dès maintenant
Vous n’avez pas à porter seul(e) le risque du médicament. La Pharmacie Santé Bornes propose aux cabinets infirmiers un partenariat PDA formalisé : protocole écrit, piluliers contrôlés et tracés, interlocuteur pharmacien dédié.
Prenez rendez-vous avec notre équipe : en 30 minutes, nous mettons en place un circuit qui protège vos patients — et votre responsabilité professionnelle.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique individualisé.
Retrouvez ce sujet replacé dans son contexte dans notre guide de la PDA pour les infirmiers libéraux.
Sur le même sujet : que faire en cas d’erreur dans un pilulier, et ce que prévoit la NGAP pour la cotation du pilulier.
PDA et observance : les chiffres qui changent tout pour vos patients à domicile
Vous le constatez à chaque tournée : des boîtes entamées qui s’accumulent, des comprimés retrouvés dans un tiroir, des « je l’ai pris ce matin, je crois »… La non-observance n’est pas une exception, c’est la règle. Et chez les patients âgés polymédiqués, elle peut coûter très cher. La Préparation des Doses à Administrer (PDA) est aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces pour y répondre.
La non-observance en chiffres
- Près de 6 patients chroniques sur 10 ne suivent pas fidèlement leur traitement ;
- La non-observance coûterait environ 9 milliards d’euros par an à l’Assurance Maladie ;
- La iatrogénie médicamenteuse est responsable d’un nombre important d’hospitalisations évitables chez les plus de 65 ans ;
- Avec une PDA structurée en pharmacie, l’observance constatée peut passer d’environ 40 % à plus de 95 %.

Derrière ces chiffres, il y a des situations que chaque IDEL connaît : le patient qui double sa dose parce qu’il a oublié la prise du matin, celui qui arrête son anticoagulant « parce que ça allait mieux », celle qui confond deux génériques au conditionnement similaire. Chez la personne âgée polymédiquée, chaque maillon non sécurisé du circuit du médicament est un risque de iatrogénie.
Pourquoi le pilulier PDA change la donne
Une organisation visuelle immédiate
Chaque case correspond à un jour et à un moment de prise. Le patient, l’aidant et l’infirmier voient en un coup d’œil si la prise a été faite. Plus de doute, plus de double prise, plus d’oubli silencieux.
Un contenu vérifié par des professionnels du médicament
Chaque pilulier de la Pharmacie Santé Bornes est préparé à partir de l’ordonnance en cours, puis contrôlé par un pharmacien selon la règle des 5B (bon médicament, bon patient, bonne dose, bon moment, bonne voie). L’analyse pharmaceutique permet aussi de repérer les interactions, redondances ou posologies inhabituelles — et d’appeler le prescripteur si besoin.
Une continuité entre tous les intervenants
Famille, aide à domicile, infirmiers qui se relaient le week-end : le pilulier PDA devient le support commun et fiable de toute l’équipe autour du patient. Chacun sait ce qui a été donné, ce qui reste à donner, et où en est le traitement.
Pour l’infirmier : un passage plus utile au patient
Quand le médicament est sécurisé en amont, votre passage change de nature. Le temps autrefois consacré au tri des boîtes est réinvesti dans ce que vous seul(e) savez faire : surveillance clinique, détection des effets indésirables, éducation thérapeutique, lien humain. C’est mieux pour le patient — et plus valorisant pour vous.
Une démarche soutenue par les autorités de santé
La sécurisation du circuit du médicament à domicile est une priorité de santé publique : la HAS promeut la règle des 5B, les OMEDIT publient des guides de bonnes pratiques de PDA, et la coordination pharmacien–infirmier–médecin est encouragée dans tous les dispositifs d’exercice coordonné (CPTS, ESP…). En choisissant la PDA, votre cabinet s’inscrit dans le sens de l’histoire.
Offrez ce niveau de sécurité à vos patients
La Pharmacie Santé Bornes prépare les piluliers de vos patients avec la rigueur d’un circuit hospitalier et la proximité d’une pharmacie de quartier. Identification des patients qui en bénéficieraient le plus, mise en place du circuit, information des familles : nous nous occupons de tout, avec vous.
Appelez-nous ou passez à la pharmacie : ensemble, faisons de l’observance une force de votre cabinet.
Ce point s’inscrit dans notre guide complet de la PDA en cabinet infirmier, qui reprend l’ensemble des enjeux pour les IDEL.
Pour aller plus loin : le bilan partagé de médication pour alléger les traitements lourds, et les médicaments potentiellement inappropriés chez la personne âgée.
Partenariat PDA entre votre cabinet infirmier et notre pharmacie : comment ça se passe, concrètement ?
Beaucoup d’infirmières et d’infirmiers libéraux aimeraient déléguer la préparation des piluliers, mais hésitent : « Est-ce compliqué à mettre en place ? Vais-je perdre la main sur mes patients ? Que se passe-t-il si une ordonnance change un mardi soir ? » Voici, étape par étape, comment fonctionne le partenariat PDA avec la Pharmacie Santé Bornes, pharmacie spécialisée dans la sécurisation du circuit du médicament en Île-de-France — et les réponses aux questions qu’on nous pose le plus.

Étape 1 — Une rencontre à la pharmacie (30 minutes)
Tout commence par une visite de notre espace PDA. Vous voyez comment les piluliers sont préparés, contrôlés et étiquetés, et vous rencontrez le pharmacien qui sera votre interlocuteur dédié. Vous repartez avec une idée précise du circuit — et un exemple de pilulier en main.
Étape 2 — Un protocole écrit, adapté à votre cabinet
Nous formalisons ensemble un protocole simple : liste des patients concernés (avec leur accord), circuit des ordonnances, jour de préparation, modalités de remise des piluliers, conduite à tenir en cas de modification de traitement, coordonnées d’urgence. Ce document protège tout le monde — patients, cabinet et pharmacie — et matérialise la coordination interprofessionnelle recommandée par les autorités de santé.
Étape 3 — Le premier pilulier, souvent sous une semaine
Dès réception de l’ordonnance en cours, nous réalisons l’analyse pharmaceutique, préparons le pilulier, le contrôlons et l’étiquetons. Selon ce qui vous arrange, il est à retirer à la pharmacie ou mis à disposition selon l’organisation convenue (patient, famille, cabinet). Vous n’avez rien à préparer : le pilulier arrive prêt à l’administration.
Étape 4 — Le rythme de croisière : zéro friction
- Renouvellements : nous suivons les dates d’ordonnance et relançons en amont — plus de rupture de traitement le vendredi soir ;
- Changements de prescription : nouvelle ordonnance reçue = pilulier mis à jour + information au cabinet, avec traçabilité écrite ;
- Questions au quotidien : une ligne directe avec votre pharmacien référent, pas un standard anonyme ;
- Retours et ajustements : un point régulier pour ajuster le circuit à votre tournée réelle.
Vos questions, nos réponses
« Est-ce que je perds la main sur mes patients ? »
Non — c’est même l’inverse. Vous restez le professionnel de l’administration, de la surveillance et du lien avec le patient. Nous sécurisons le médicament en amont ; la relation de soin reste la vôtre. Et le patient reste libre du choix de sa pharmacie, comme le veut la loi.
« Que se passe-t-il si un traitement change en urgence ? »
Vous nous transmettez la nouvelle ordonnance (ou le prescripteur nous l’adresse) : nous corrigeons le pilulier et vous confirmons la mise à jour. En attendant, vous savez exactement quoi administrer, car chaque pilulier est étiqueté avec son contenu détaillé.
« Combien ça coûte au cabinet ou au patient ? »
Le service s’organise autour de la dispensation des médicaments du patient. Pour votre cabinet, il n’y a aucun coût. Les modalités pour le patient sont expliquées en toute transparence lors de la mise en place.
« Mes patients sont dispersés géographiquement, est-ce un problème ? »
Parlons-en : selon les secteurs, nous organisons la mise à disposition des piluliers de la façon la plus pratique pour votre tournée. Le protocole s’adapte à votre réalité, pas l’inverse.
Pourquoi les cabinets choisissent la Pharmacie Santé Bornes
- Une pharmacie spécialisée en PDA, qui sécurise déjà le circuit du médicament d’établissements médico-sociaux (EHPAD) en Île-de-France ;
- Une équipe formée à la PDA, avec une zone de préparation dédiée et des procédures qualité écrites ;
- Un double contrôle pharmaceutique et une traçabilité complète de chaque pilulier ;
- Un pharmacien référent joignable, qui connaît vos patients ;
- Un protocole écrit qui sécurise votre responsabilité professionnelle ;
- Une vraie culture du partenariat ville : médecin – infirmier – pharmacien, chacun son expertise, ensemble autour du patient.
Faites le premier pas dès aujourd’hui
Confiez-nous un premier patient et jugez sur pièce. Contactez la Pharmacie Santé Bornes pour convenir d’un rendez-vous : dans une semaine, votre premier pilulier PDA peut être prêt.
Pour une vue d’ensemble du sujet, consultez notre guide complet de la PDA pour les infirmiers libéraux.
Deux situations à prévoir dès la mise en place : le changement de traitement en cours de semaine et le retour d’hospitalisation. Si vous intervenez dans un SSIAD ou un service autonomie à domicile, voir aussi qui prépare et qui aide à la prise des médicaments.