La plupart des EHPAD sans pharmacie à usage intérieur ont un pharmacien référent. Beaucoup ne savent pas exactement ce qu’ils peuvent lui demander — et passent à côté d’une ressource qui ne leur coûte rien.
D’où vient cette fonction
La mission de pharmacien référent a été introduite par la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, pour les EHPAD dépourvus de pharmacie à usage intérieur. Elle est reprise dans le code de la santé publique.
Son objet tient en une phrase : concourir à la bonne gestion et au bon usage des médicaments destinés aux résidents. Ce qui est large, et volontairement.
Quinze ans plus tard, le cadre reste incomplet. Le rapport Verger sur la politique du médicament en EHPAD préconisait un texte définissant statut, missions, formation et rémunération du pharmacien référent. Ce texte n’est jamais venu. En pratique, c’est votre convention qui fait loi : ce qui n’y figure pas ne sera pas fait.
Pharmacien référent et pharmacien dispensateur : ne pas confondre
La distinction est essentielle et souvent brouillée.
Le pharmacien dispensateur fournit effectivement les traitements. Il est choisi par le résident, qui conserve le libre choix de son officine — nous avons traité ce point dans notre article sur le libre choix de la pharmacie en EHPAD.
Le pharmacien référent, lui, est désigné par l’établissement. Il intervient sur l’organisation, pas sur la fourniture. Dans les faits, il s’agit le plus souvent du pharmacien qui approvisionne l’établissement, mais rien ne l’impose. Il peut être titulaire ou adjoint.
Cette confusion a un effet concret : un établissement qui pense avoir un référent parce qu’il a un fournisseur n’a en réalité ni l’un ni l’autre au sens où l’entend le référentiel qualité.
Ce que vous pouvez légitimement lui demander
Sept missions, qui recoupent presque point par point ce qu’un évaluateur externe vient vérifier :
- L’état des lieux du circuit du médicament — autodiagnostic, identification des points de rupture, plan d’action hiérarchisé.
- La rédaction des procédures — circuit du médicament, protocole d’écrasement, conduite à tenir en cas d’erreur, gestion des retours et des périmés.
- La liste préférentielle — construite avec le médecin coordonnateur, elle harmonise les prescriptions et simplifie la gestion.
- L’appui à la déprescription — repérage des situations de polymédication, des interactions, des médicaments inappropriés chez le sujet âgé, avec restitution au prescripteur.
- La formation des équipes soignantes — administration, formes à ne jamais broyer, conduite à tenir en cas d’erreur.
- La sécurité d’utilisation — dotation d’urgence, chaîne du froid, stupéfiants, médicaments non utilisés.
- L’analyse des événements indésirables — participation aux retours d’expérience après une erreur médicamenteuse.
La quatrième mission est celle dont l’impact clinique est le plus fort, et la plus rarement exercée. C’est aussi celle où le pharmacien apporte une compétence que personne d’autre n’a dans l’établissement.
La question de la rémunération
Autant l’aborder franchement : la mission ne fait l’objet d’aucune rémunération pérenne prévue par les textes. Les organisations professionnelles plaident depuis des années pour un cadre stabilisé, sans qu’un dispositif pérenne ait été arrêté à ce jour.
Pour l’établissement, la conséquence est simple : l’étendue réelle de la mission repose sur l’engagement du pharmacien et sur ce que prévoit votre convention. C’est précisément pourquoi le choix du partenaire compte autant, et pourquoi les missions doivent être écrites plutôt que sous-entendues.
Formaliser la désignation
Trois points à vérifier dans votre documentation :
Une désignation nominative écrite. Le nom du pharmacien référent, pas seulement celui de l’officine. Si c’est un adjoint, ses missions doivent faire l’objet d’un avenant à son contrat de travail ou d’une délégation écrite du titulaire.
Un périmètre détaillé dans la convention. Reprenez les sept missions ci-dessus et retenez celles que vous attendez réellement. Une clause générique du type « le pharmacien concourt au bon usage des médicaments » n’engage personne.
Une fréquence d’intervention. C’est le point le plus souvent oublié, et celui qui fait la différence entre un référent effectif et un nom sur un document. Une présence trimestrielle avec compte rendu écrit constitue une base raisonnable.
Ce que ça change lors d’une évaluation
Les comptes rendus de visite du pharmacien référent sont des éléments de preuve directement mobilisables sur le critère 3.6.2 du référentiel HAS. Ils montrent une démarche continue plutôt qu’une mise en conformité de dernière minute — ce qui est exactement la distinction que cherche à faire un évaluateur.
Notre approche
La Pharmacie Santé Bornes assure la fonction de pharmacien référent pour les établissements qu’elle accompagne, avec un périmètre écrit et des visites tracées. Si vous souhaitez comparer ce que prévoit votre convention actuelle avec ce qui se pratique, appelez-nous au 01 34 04 83 21 ou consultez notre guide complet de la PDA en EHPAD.
Deux missions où le pharmacien référent est particulièrement attendu : la conciliation médicamenteuse à l’admission et le repérage des médicaments potentiellement inappropriés.
Cet article présente le cadre général applicable à la mission de pharmacien référent et ne constitue pas un avis juridique.
Vous cherchez une préparation de piluliers près de chez vous ? Consultez notre page préparation de piluliers à Sarcelles (95).